Arrêter de se comparer aux autres : ce que j’ai enfin compris
Tu t’es déjà surprise à te comparer à quelqu’un ? Moi, ça m’arrive.
Sur les réseaux, en entraînement, ou même en scrollant sans réfléchir, il y a toujours ce petit moment où je me dis : “Pourquoi elle y arrive et pas moi ?”
C’est presque automatique. Une figure, un corps, un sourire, une réussite… et hop, le cerveau enclenche le mode comparaison.
Le plus fou, c’est qu’on sait que ça ne sert à rien — qu’on avance tous à notre rythme — mais on le fait quand même. C’est comme un réflexe humain, bien ancré, qui vient gratter pile là où c’est sensible : notre estime, notre patience, notre confiance.
Et pourtant, arrêter de se comparer, ce n’est pas juste “penser positif”. C’est un vrai apprentissage. C’est comprendre pourquoi on le fait, comment ça nous bloque, et surtout comment reprendre la main sans se juger.
Alors aujourd’hui, on va en parler pour de vrai — sans morale, sans filtre, juste avec ce que ça fait, et ce qu’on peut changer petit à petit.
Parce que franchement… on mérite tous d’avancer sans ce poids sur les épaules, non ?
Pourquoi on se compare (et pourquoi c’est normal)
On ne se compare pas parce qu’on est faibles ou jaloux, mais parce qu’on est humains.
Notre cerveau adore se situer. Il veut savoir s’il fait bien, s’il avance, s’il “vaut quelque chose”. C’est ce qu’on appelle la comparaison sociale. On le fait tous, souvent sans s’en rendre compte.
Dans les années 1950, un psychologue, Leon Festinger, a montré que l’être humain se définit par rapport aux autres. Quand on ne peut pas se mesurer à un critère objectif, on regarde ce que font les autres pour évaluer sa propre valeur. Et à la base, ce n’est pas un problème : se comparer peut aider à s’améliorer, à se fixer des objectifs.
Mais aujourd’hui, avec les réseaux sociaux et les images parfaites qu’on voit défiler chaque jour, cette comparaison s’est transformée en piège.
Tu ouvres ton téléphone, tu vois des corps impeccables, des figures aériennes qui ont l’air simples, des réussites affichées comme des évidences. Et toi, tu regardes ta réalité — les jours où tu es fatiguée, les séances qui ne donnent rien, les ratés qu’on ne montre pas. Forcément, ça crée un décalage. Tu compares ton brouillon au rendu final des autres. Et c’est profondément injuste pour toi.
Ce que la comparaison fait à ton mental
Au début, tu crois que ça te motive. Tu te dis : “Je vais faire comme elle.”
Mais petit à petit, la motivation glisse vers le doute. Tu te sens en retard, insuffisante, lente. Chaque séance devient une évaluation silencieuse. Tu regardes autour, tu te juges, tu perds ton élan.
Et puis il y a ce cercle vicieux : plus tu te compares, moins tu te sens bien ; et moins tu te sens bien, plus tu te compares.
Ton cerveau cherche des preuves qu’il a raison : “Tu vois, elle y arrive et pas toi.”
Et à force, tu ne regardes plus ce que tu fais bien. Tu ne vois que ce qui manque.
Dans ma pratique aérienne, je l’ai vécu à fond. Je voyais les autres tenir leurs figures avec une aisance incroyable alors que moi, je tremblais, je ratais, je recommençais. Et même quand je progressais, je ne le voyais pas. Je ne regardais que la distance entre moi et eux.
Un jour, je me suis demandé : “Et si j’étais mon propre repère, au lieu d’être celui des autres ?”
C’est à ce moment-là que j’ai commencé à apprendre ce que veut vraiment dire arrêter de se comparer.
Comment apprendre à arrêter de se comparer
Ce n’est pas une question de volonté.
Tu ne peux pas juste te dire “je ne me comparerai plus” et espérer que ça s’éteigne.
C’est un vrai travail mental. Mais il est possible. Il demande du temps, de la conscience et beaucoup de bienveillance envers toi-même.
1. Prendre conscience du réflexe
Le premier pas, c’est de le remarquer.
La prochaine fois que tu sens la petite voix du genre “Elle est plus souple”, “Je suis à la traîne”, “Je ne serai jamais comme ça”… respire.
Ne cherche pas à la faire taire, juste observe-la. Dis-toi : “OK, je suis en train de me comparer.”
Le simple fait de reconnaître ce moment, c’est déjà reprendre un peu de pouvoir dessus.
2. Revenir à soi
Quand tu sens la comparaison monter, recentre-toi.
Demande-toi : “Où j’en étais il y a un mois ?” “Qu’est-ce que je fais mieux qu’avant ?”
C’est fou comme ces questions changent tout.
Peut-être que tu ne tiens pas encore la figure parfaite, mais tu tiens plus longtemps. Peut-être que ton amplitude a augmenté. Peut-être que tu gères mieux ton stress.
Chaque détail compte.
Le progrès, ce n’est pas une course. C’est une accumulation de micro-victoires.
3. Transformer la comparaison en inspiration
Se comparer devient toxique quand on oublie que les autres ne sont pas des adversaires, mais des miroirs possibles.
Quand tu vois quelqu’un de plus avancé, demande-toi ce que tu admires chez lui. Est-ce la fluidité ? La patience ? La régularité ?
Choisis une qualité et travaille-la à ta manière.
Ne cherche pas à copier le résultat, inspire-toi du processus.
C’est la seule comparaison qui vaille la peine : celle qui t’élève au lieu de t’écraser.
4. Choisir ce que tu regardes
Ton environnement influence ta perception. Si tu passes ton temps à suivre des comptes où tout est parfait, où tout a l’air simple, tu finiras par te sentir en retard.
Alors choisis mieux.
Suis des gens qui montrent la vraie vie : les échecs, les doutes, les galères, les coulisses.
C’est là que tu verras la vérité : tout le monde rame. Même ceux qui ont l’air de tout maîtriser.
Et parfois, c’est aussi bien de faire une pause.
De couper un peu les réseaux, de revenir à toi, à tes sensations, à ta pratique réelle.
Rien de tel qu’un entraînement sans spectateurs pour se rappeler pourquoi on aime ça.
5. Célébrer les petites choses
On sous-estime totalement la puissance de la reconnaissance personnelle.
Prends l’habitude de célébrer ce que tu fais bien, même si c’est minuscule.
Une séance plus fluide ? Bravo.
Une figure que tu oses retenter après un blocage ? Bravo aussi.
Ces moments sont la preuve que tu avances. Et plus tu les vois, moins la comparaison a de place.
Appliquer ça à la pratique aérienne
Dans les disciplines aériennes, tout semble visuel : la grâce, la technique, la maîtrise du corps. C’est donc un terrain parfait pour la comparaison.
Mais chaque personne a un corps différent, une force différente, un passé différent. Ce qui est facile pour l’une peut être un mur pour l’autre.
J’ai compris ça le jour où j’ai regardé une amie exécuter une figure que je travaillais depuis des semaines. J’étais admirative, mais aussi frustrée.
Puis je me suis demandé : “Et moi, j’en suis où, réellement ?”
Et j’ai vu que j’avais progressé ailleurs.
Je maîtrisais mes transitions, je bougeais avec plus de confiance, je respirais mieux.
Ce n’était pas spectaculaire, mais c’était vrai. Et c’est ce jour-là que j’ai vraiment senti ce que veut dire arrêter de se comparer : ne plus mesurer sa valeur avec la règle de quelqu’un d’autre.
Un rituel simple pour t’aider à t’ancrer
À la fin de chaque séance, prends cinq minutes.
Rien que cinq minutes pour toi, sans téléphone, sans distraction.
Note ces trois choses dans ton carnet :
- Ce que tu as mieux réussi que la fois précédente.
- Ce que tu veux améliorer, juste une seule chose.
- Une phrase bienveillante pour toi. Par exemple : “Je progresse à mon rythme, et c’est parfait comme ça.”
Relis tes notes à la fin de la semaine.
Tu verras noir sur blanc que tu avances. Peut-être lentement, mais sûrement.
Et c’est cette preuve-là, la tienne, qui t’aidera à calmer la comparaison.
Changer ton regard, pas ta nature
On ne peut pas effacer le réflexe de se comparer. C’est humain, c’est normal.
Mais on peut décider de ce qu’on en fait.
On peut choisir de transformer cette énergie en quelque chose d’utile, de doux, de constructif.
On peut décider de s’encourager au lieu de se rabaisser.
Arrêter de se comparer, ce n’est pas devenir indifférente aux autres, c’est devenir loyale envers soi-même.
C’est reconnaître que ta progression, ton rythme et tes victoires sont valables, même si elles ne ressemblent à celles de personne d’autre.
Quand tu arrêtes de te comparer, tu retrouves le plaisir d’apprendre, la liberté de te tromper, la joie de ressentir ton corps sans jugement.
Et ça, c’est peut-être la plus belle victoire qu’on puisse avoir.
Et toi, qu’est-ce qui te fait le plus douter quand tu te compares ?
Comment tu fais, toi, pour revenir à ton propre chemin ?
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Sources
Selon le site Verywell Mind, la comparaison sociale est un mécanisme naturel du cerveau. On évalue souvent notre valeur ou nos progrès en se mesurant aux autres, surtout quand on manque de repères objectifs. Cette tendance peut être utile pour se motiver, mais elle devient vite épuisante quand on se concentre sur ceux qu’on pense “meilleurs”. C’est là que l’équilibre est à trouver : apprendre à s’inspirer sans se diminuer. (Source : Verywell Mind).