3 erreurs qui ruinent ton spin en aérien (et comment les éviter)
Le spin en aérien fait partie des aspects les plus fascinants du travail aérien : tout devient plus fluide, plus vivant, presque hypnotique. Pourtant, beaucoup de pratiquantes vivent l’inverse : vertige, nausée, perte de contrôle, difficultés à respirer…
Si tu t’es déjà demandé pourquoi tu te sens mal alors que d’autres tournent pendant des minutes sans broncher, la réponse est simple : il ne s’agit pas de “résistance” ou de “don”. Ce sont surtout trois erreurs très fréquentes, que l’on retrouve aussi bien en cerceau, en pole qu’en hamac.
Les corriger change immédiatement ta manière de vivre le spin.
Et bonne nouvelle : tu n’as pas besoin d’entrer dans des notions techniques comme le moment angulaire ou l’alignement du centre de gravité. Ici, on se concentre sur le ressenti, le corps, et sur la façon dont il réagit à la rotation.
Si tu veux approfondir la mécanique du spin, tu peux consulter cet article très complet sur Comment spinner en cerceau aérien : 3 astuces pour réussir son spin pour travailler la vitesse, l’axe et l’entrée.
1.Tu lances ton spin trop fort (et ton corps n’a pas le temps de s’adapter)
C’est l’erreur la plus répandue chez celles qui se sentent mal en spin : le départ est trop puissant.
Un gros coup de pied, une poussée trop brusque, un élan un peu trop enthousiaste… et ton oreille interne se retrouve immédiatement dépassée.
Ton corps a besoin d’un début progressif pour comprendre ce qui est en train de se passer.
Lorsque tu pars trop vite d’un coup, tu imposes à ton système vestibulaire une accélération soudaine qu’il ne sait pas gérer.
Ce choc provoque très vite :
- de la nausée,
- la tête qui tourne dès le premier tour,
- la sensation de perdre le contrôle,
- et la peur de relancer un spin la prochaine fois.
✨ Ce qu’il faut faire à la place
Commence systématiquement par un départ minimal :
- un pivot tout doux en cerceau,
- une entrée en marche lente en pole,
- une micro-impulsion du bassin en hamac.
Ton corps s’adapte naturellement si tu lui laisses quelques secondes pour comprendre le mouvement.
Et tu verras : un spin lent n’est pas un spin “faible”.
C’est un spin confortable, maîtrisé, et souvent bien plus esthétique qu’un départ trop violent.
2. Tu te crispes et tu bloques ta respiration (le combo parfait pour avoir la nausée)

C’est l’un des réflexes les plus humains : dès que tu perds un peu tes repères, ton corps se contracte.
Les épaules montent, le ventre se durcit, la mâchoire se verrouille, et tes mains agrippent l’appareil comme si tu allais glisser.
Et surtout : tu arrêtes de respirer.
Ce réflexe crée deux conséquences qui sabotent immédiatement ton spin :
- Ton corps devient rigide, ce qui rend la rotation tremblée, instable et beaucoup moins agréable.
- Ton cerveau manque d’oxygène, ce qui accentue la sensation de malaise, parfois dès le premier tour.
Résultat : tu crois que c’est le spin qui te rend malade… alors que c’est souvent l’apnée + la crispation qui te font perdre tes moyens.
✨ Ce qu’il faut faire à la place
- Relâche volontairement la mâchoire, les épaules et le ventre.
- Respire en continu, même dans les transitions.
- Expire dans les moments où tu changes de position ou quand tu sens la vitesse augmenter.
- Utilise un test simple : parle à voix basse pendant un spin lent (compter, dire les jours de la semaine, murmurer…).
Si tu peux parler, c’est que tu respires.
Ce petit changement peut réduire plus de la moitié de ton inconfort, simplement parce que ton système nerveux reste calme et ton corps beaucoup plus disponible.
3. Tu évites le spin quand il te rend malade (et ton oreille interne repart de zéro)
C’est la réaction la plus logique… mais c’est malheureusement celle qui entretient le problème.
Quand le spin te donne la nausée, tu l’évites — et c’est normal.
Sauf que lorsque tu réessaies quelques semaines plus tard, les mêmes sensations reviennent : vertige, malaise, inconfort dès les premiers tours.
Et il n’y a rien d’anormal à ça.
Ton oreille interne fonctionne comme un muscle :
si tu arrêtes complètement de tourner, elle perd sa capacité d’adaptation, et tu repars de zéro à chaque séance.
✨ La solution : la progressivité, un peu à chaque séance
Tu n’as pas besoin de longs spins pour t’habituer.
Même 10 secondes régulières suffisent pour entraîner ton système vestibulaire.
Voici un petit protocole simple à intégrer à ton entraînement :
1) Début de séance
- 1 à 2 tours très lents
- puis pause debout 20 secondes, regard fixé sur un point fixe
2) Pendant la séance
- Augmente soit la durée
- soit la vitesse
- Jamais les deux en même temps
3) Fin de séance
Si tu sens encore ta tête tourner, fais un mini-spin dans l’autre sens.
C’est étonnamment efficace pour rééquilibrer la sensation.
En suivant ce principe de micro-exposition, ta tolérance au spin augmente naturellement, et tes vertiges diminuent semaine après semaine.
Conclusion
Tu n’as pas besoin d’être “forte en spin”, ni d’avoir une résistance spéciale. Ce dont tu as réellement besoin, c’est d’un spin :
- lancé doucement,
- vécu sans crispation,
- travaillé un peu à chaque séance,
- et respecté par ton corps.
Ces trois ajustements changent tout. Ils rendent le spin plus confortable, plus fluide, plus maîtrisé — sans répéter une seule technique déjà abordée dans ton autre article.
Avec une approche progressive, ton oreille interne s’adapte, ton vertige diminue et tu peux enfin profiter du spin au lieu de le subir.
Sources
Pour écrire cet article, je me suis appuyée sur des ressources reconnues en physiologie vestibulaire et en pratiques aériennes :
- Vestibular Disorders Association (VeDA) — fonctionnement du système vestibulaire et causes du vertige. https://vestibular.org/article/what-is-vestibular/
- Unique Aerialists – How to Deal with Dizziness — conseils spécifiques aux disciplines aériennes pour gérer le vertige en spin. https://www.uniqueaerialists.com/how-to-deal-with-dizziness/